
Au cœur du brouhaha des souks de Damas, le Palais Azem apparaît comme un véritable havre de calme, de fraîcheur et de verdure.
Le Palais Azem, aujourd’hui musée national des arts et traditions populaires, est le plus vaste des quelque 150 palais que comptait la ville au XVIIIe siècle. Depuis son rachat par l’État syrien en 1952, il abrite des collections ethnographiques présentées à travers des scènes de la vie quotidienne, reconstituées à l’aide de mannequins de cire.
Mais le véritable intérêt de la visite réside dans son architecture et sa décoration.
Pavillons élégants aux façades finement ouvragées, cours plantées de citronniers, de cédratiers et de myrtes, embaumées par le jasmin et le chèvrefeuille…
L’intérieur, richement décoré de marbre, de bois peint et de stucs, évoque admirablement le cadre de vie raffiné de l’aristocratie damascène des siècles passés.

Or et malheur d’un palais
Le Palais Azem fut construit sur ordre de Asaad Pacha al-Azem, gouverneur de Damas au service des Ottomans.
Entrepris en 1749, les travaux mobilisèrent tous les artisans de la ville, au point que, pendant plusieurs mois, dit-on, il fut impossible de trouver un ouvrier à Damas.
Pour les matériaux, les sites antiques du Hauran servirent de carrière. Quant à la décoration, elle provenait en grande partie d’autres maisons damascènes que le pacha lui-même faisait dépouiller de leurs plus belles boiseries et pierres.

C’est ainsi que le palais présente aujourd’hui un véritable condensé des plus belles traditions artisanales damascènes.
En 1922, les autorités mandataires françaises rachetèrent le palais aux 68 descendants du pacha qui le possédaient en commun. Il fut alors destiné à abriter l’Institut français d’archéologie.
Mais lors du soulèvement d’octobre 1925, les émeutiers s’attaquèrent au palais, qui servait de résidence au haut-commissaire, le général Sarrail. Le bâtiment fut largement saccagé et une grande partie de sa décoration disparut.
Lorsque les troupes françaises reprirent le contrôle de la ville, le palais n’était plus qu’un tas de décombres.
Les restaurations entreprises à partir de 1933 permirent heureusement de lui rendre son aspect d’origine.
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